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A
peine
arrivé, la gendarmerie royale lui déconseille
fortement de continuer plus loin,
car la zone au-delà de Tilemsem est interdite
d’accès, suite à de nouveaux
développements dans le conflit qui oppose depuis des
années le Maroc et le
Sahara occidental.
Émile
doit faire demi-tour de toute évidence, et
les militaires lui demandent en plus de bien vouloir prendre
à bord un
permissionnaire pour le ramener vers Tan-Tan.
Analysant
la situation, et voyant son projet de
raid contrarié, Emile évoquera un
problème d’assurance qui ne lui permet pas de
prendre de passager, argumentant que sa 2 CV est
déjà très chargée. Il sait
pertinemment qu’il est très mal vu en Afrique de
ne pas prendre de voyageur à
bord de sa voiture dans ces circonstances. Il jouera la
naïveté et
l’incompréhension en adoptant l’attitude
du touriste pas vraiment au courant
des usages locaux.
Émile
retourne donc vers Tan-tan sous le regard
contrarié et réprobateur des militaires. Il
repart à bonne allure, car il
craint qu’on ne le suive et il veut rester hors de
portée du regard de ceux
qu’il vient de laisser. Son plan est de contourner la zone en
hors-piste et
retrouver sa direction initiale… Au bout de quelques
kilomètres, il sort de la
piste sur la droite et s’élance sur un sol
inégal et rocailleux.
Au
bout d’un moment, après des cahots plus forts,
la voiture fait un bond et heurte brutalement un rocher. Il doit
s’arrêter car
la 2 CV ne répond plus très bien et pour cause.
Bras de roue plié et longeron
cassé…
Émile
organise son campement autour de la 2 CV
accidentée et réfléchit à
la situation. Il est à quelques dizaines de
kilomètres de Tan-tan, qu’il pourrait rejoindre
à pied, mais il prend le risque
d’abandonner une voiture certes en mauvais point mais pouvant
toujours attirer
la convoitise. Sans parler de son équipement.
Dans
le désert, rien n’est définitivement
perdu,
surtout pour celui qui sait trouver…
Il
a suffisamment de vivres et d’eau pour tenir un
siège, et il prend une décision pour le moins
étonnante : à partir de son
épave, il va construire un engin à deux roues !
Il a
soigneusement considéré un à un tous
les
obstacles techniques que ça comporte et ce docteur en
mécanique africaine a tous les outils et les
éléments pour réussir
l'opération.
Dès
le lendemain matin, il commence à démonter la 2
CV, enlevant d’abord la coque qu’il utilisera comme
abri contre la fraîcheur
des nuits et les tempêtes de sable. Contre la
brûlure du soleil, n’ayant pas de
chemises à manches longues, il se confectionne des manchons
avec une paire de
chaussettes.
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